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« Nous voulons un dialogue social constructif »

Suite à une série de mauvaises expériences, l’organisation patronale UEL ne souhaite plus mener des négociations formelles sur les relations de travail dans le cadre du comité permanent du travail. Les employeurs sont prêts à mener un dialogue constructif mais refusent des négociations dans le cadre desquelles les propositions patronales sont systématiquement ignorées.

Tout d'abord, qu'est-ce que le comité permanent de l'emploi ?

Au sein du comité permanent de l'emploi, les représentants des salariés, des employeurs et du gouvernement analysent la situation sur le marché du travail et l'évolution des relations de travail.

L'objectif du comité est de conseiller le ministre du Travail au sens le plus large.

En d'autres termes, le comité permanent de l'emploi est un organe consultatif plutôt qu'un organe décisionnel au sein duquel les partenaires sociaux concluent des accords contraignants ?

Oui, c'est vrai. De par sa mission légale, le comité pour l'emploi est un organe consultatif dans lequel les partenaires sociaux discutent des relations de travail et conseillent le gouvernement qui lui est représenté par cinq ministres.

Il ne s'agit pas d'un organe de négociations où les partenaires sociaux parviennent à des accords contraignants.

Toutefois, les choses se sont passées différemment ces dernières années, ce qui a eu des conséquences négatives pour les employeurs.

Les syndicats et le gouvernement prétendent que les employeurs ont rompu le dialogue social…

Je comprends que c'est l'impression que le gouvernement et les syndicats veulent donner, mais en fait, cette analyse est complètement erronée. Il est vrai que l’UEL a proposé une nouvelle méthode de travail au ministre.

Les employeurs restent ouverts au dialogue. Nous ferons clairement connaître nos positions et nos propositions lesquels nous défendrons vigoureusement.

Ce qu’on ne fera plus c’est d’entamer des négociations dont le résultat est connu dès le départ et dans le cadre desquelles nos positions et nos intérêts sont systématiquement ignorés.

Du dialogue social reste tout au plus la façade. Pour les employeurs, la réforme de l’organisation du temps de travail en 2016 a été une expérience incisive dans ce contexte. Le gouvernement et l'OGB-L ont quitté la table des négociations pour conclure entre eux une sorte d'accord spécial qui ne retenait plus aucune des revendications patronales. Ensuite, le gouvernement a annoncé qu'un compromis avait été trouvé et que la flexibilité souhaitée par les employeurs aurait été atteinte. Cela est une représentation absolument déformée des choses. Il suffit de voir combien d'entreprises utilisent la législation, qui est en place aujourd’hui, pour constater que le résultat de l’exercice est un mort-né et, sans parler de perte de confiance dans le chef des entreprises qui est une conséquence directe de cette manière d’agir.

Les principales préoccupations des employeurs sont le manque de main d’œuvre et le manque de flexibilité dans l'organisation du temps de travail. Si le gouvernement ne veut pas répondre à ces préoccupations, il doit le dire clairement et ne pas nous impliquer dans des "négociations" qui conduiront à une nouvelle dégradation de la situation pour les entreprises.

C'est notamment pour cela que les employeurs ont maintenant proposé une nouvelle façon de travailler qui met l’accent sur la responsabilité du gouvernement. Le ministre devrait entendre toutes les parties, peser le pour et le contre des arguments en présence, discuter avec ses collègues du gouvernement de ce qui est couvert par le programme gouvernemental et ensuite prendre une décision.

Si la première préoccupation du gouvernement dans le contexte d’un soi-disant dialogue social est d’amadouer les syndicats, il n'a pas besoin de nous.

Où pensez-vous que le dialogue social devrait avoir lieu ?

Le vrai dialogue social qui débouche sur des résultats est mené au sein des entreprises et non dans une salle de réunion du ministère du Travail. Bien que les syndicats opèrent toujours avec un argumentaire «lutte des classes », les salariés et les entreprises sont conscients qu’ils doivent trouver des compromis mutuellement acceptables.

Plus de 90 % des entreprises luxembourgeoises sont des petites et moyennes entreprises qui entretiennent de toute façon des relations très étroites avec leurs salariés. Le dialogue social dans les entreprises fonctionne. Le temps de la politisation excessive du dialogue social avec ses cérémonies stériles est révolu.

Le ministre du Travail place de grands espoirs dans les négociations collectives....

Là aussi il s’agit de rester vigilant. Lorsque le ministre parle de renforcer le système de la négociation collective, il parle en réalité de renforcer la position de l'OGB-L. Je pense que tout le monde a compris cette nuance, sauf peut-être le DP.

Bien sûr, les conventions collectives sont plus proches des préoccupations du secteur et des entreprises, ce qui est un grand avantage. Mais là aussi, l'objectif est de créer des situations win-win qui profitent à la fois à l'entreprise et à ses employés.

L’exercice n’est certainement pas celui de discuter la liste des revendications syndicales sans qu'il y ait la moindre perspective d’intégrer les positions des entreprises dans les discussions. L'enthousiasme de la plupart des secteurs à négocier des conventions collectives est donc très limité.

Bien entendu, nous sommes toujours prêts à discuter d'une réforme en profondeur de la négociation collective et à faire nos propositions. Mais pas pour négocier ! Il est clair que le cadre juridique doit changer, sinon il y aura à terme moins et non davantage de conventions collectives. La décision d’engager cette réforme revient au gouvernement et, en fin de compte, au Parlement.

Le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait faire « quelque chose » dans le domaine de la fiscalité des entreprises ?

Les impôts sont une prérogative souveraine de l'État pour se procurer les moyens financiers nécessaires à son action.

Si le gouvernement juge nécessaire de mettre en place une fiscalité des entreprises attrayante pour assurer l'attractivité de la place et pour financer les transferts sociaux, nous ne contesterons certainement pas cette façon de concevoir les choses.

Si un gouvernement réduit les impôts ce n’est certainement pas pour rendre service aux entreprises. Les réductions d'impôt ne peuvent en aucun cas être une contrepartie pouvant justifier d'ignorer toutes les autres préoccupations des entreprises. À quoi bon que les petites et moyennes entreprises paient théoriquement moins d'impôts si elles ne peuvent pas travailler de manière productive et ne sont guère rentables ? Nous avons proposé au ministre des Classes Moyennes de faire réaliser une étude approfondie sur la rentabilité des différents secteurs de l'économie afin que le mythe de l'entreprise riche et en pleine croissance puisse enfin être corrigé dans l'esprit des politiques.

Comment est-ce que ce dossier évoluera ?

L’UEL a rendu sa position suffisamment claire. Les employeurs sont prêts à discuter et à mener le dialogue à tous les niveaux sur toutes les questions. Le mot dialogue vient du grec et signifie « conversation ». Nous sommes prêts à écouter et à nous engager de manière constructive. Nous pensons que bon nombre des défis auxquels seront confrontés les entreprises à l'avenir et le monde du travail en général n'exigent pas nécessairement une réponse juridique. Cela donne beaucoup de place au dialogue social. Si la politique souhaite néanmoins agir sur le plan législatif, elle doit aussi prendre la responsabilité de ses décisions. Exiger cela n'est pas du tout synonyme de refus de dialogue. C'est exactement le contraire qui est vrai. Mais le dialogue a besoin de confiance. Nous sommes prêts à reprendre confiance, mais dans un cadre clairement défini.

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